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Le Centre Birashoboka pour les enfants des rues

Le Centre Birashoboka pour les enfants des rues

Actualité


Dans le souci d’améliorer constamment les conditions d’hébergement, d’accompagnement et d’encadrement des jeunes, le foyer pour les enfants des rues „Centre Birashoboka“ a déménagé.

Nous avons quitté le grand foyer dans le quartier Kanyosha pour nous installer dans deux plus petits foyers tout neufs dans le quartier Kajaga, tout proche aussi de l’Ecole Polyvalente Carolus Magnus (EPCM). Actuellement 45 garçons habitent le Centre Birashoboka I, et 35 autres le Centre Birashoboka II.

Il y avait plusieurs avantages dans ce déménagement: la proximité du EPCM permet maintenant à tous nos garçons de fréquenter notre propre établissement, ils profitent ainsi d’un enseignement de meilleure qualité et les frais de scolarité circulent d’une manière spécifique aux projets, car la Fondation Stamm paie la scolarité de «ses» enfants dans son propre établissement et profite ainsi au projet sur place. La répartition en deux foyers, assez proche l’un de l’autre, constitue une autre amélioration. Car bien moins d’enfants et de jeunes sont ainsi hébergés par foyer ce qui augmente la qualité de vie dans ces foyers.

Un habitant de Centre Birashoboka

S’y ajoute également que la qualité de vie est dans l’ensemble meilleure dans le quartier de Kajaga que dans le quartier pauvre de Kanyosha où trop de tentations négatives (drogues, violence, prostitution etc.) représentent continuellement le danger que les anciens enfants des rues reprennent un mauvais chemin.

Le déménagement dans les nouveaux foyers était aussi l’occasion d’y appliquer de nouvelles règles, plus sévères. Faire le ménage et les séances d’hygiène sont planifiés, les réunions qui touchent différents sujets et les sorties sont soumises à des conditions plus strictes. A côté de ces deux foyers, nous finançons et accompagnons l’hébergement chez eux des garçons plus âgés. Ces jeunes suivent une formation professionnelle. D’autres jeunes, filles et garçons, habitants chez leurs parents ou dans des familles d’accueil ayant besoin d’une prise en charge de leurs frais et de fournitures de scolarité sont regroupés dans la catégorie «prise en charge à distance».

 

Historique

Avec la réintégration dans un milieu social en dehors des foyers, les enfants et les jeunes retrouvent leur autonomie. Si cela est possible ils rentrent dans leurs familles ou sont aidés par la Fondation Stamm dans la recherche d’un travail. Pour cela un apport financier est nécessaire, car il faut empêcher que les enfants et les jeunes retournent dans la misère, il faut leur proposer des conditions de vie acceptables: soit ils retournent dans leurs familles et celles-ci reçoivent des rations de nourriture, si ce n’est pas possible, et au cas où ils veulent par exemple ouvrir un petit commerce, la Fondation Stamm les aide en fournissant une somme au démarrage et un accompagnateur.

Bosco et Reverien sont deux jeunes d’une vingtaine d’années du projet « garçons des rues ».

Bosco et Reverien sont deux jeunes d’une vingtaine d’années du projet «garçons des rues». Comme ils avaient décrochés à l’école, ils trainaient sans occupation, le temps dans le foyer était donc long pour eux. La motivation leur manquait également. Après de nombreux entretiens avec les directeurs et des psychologues des foyers ils prirent lentement conscience qu’ils devaient eux-mêmes prendre l’initiative, prendre eux-mêmes les choses en main, chercher un travail pour réussir dans la vie.

Alors, ils ont décidé de se mettre ensemble pour lancer un projet: avec l’argent de la réintégration ils ont loué une petite chambre dans une cabane en torchis, ont acheté une bicyclette, une petite cuisinière, une poêle, de l’huile, de la farine, des pommes de terre, des œufs et du sucre et ont commencé à fabriquer une sorte de crêpes: les Chapatti comme on les appelle au Burundi, des chaussons aux pommes de terre et aussi des beignets au fromage blanc. Le tout est vendu ensuite au marché, dans les bars et sur des chantiers à Bujumburas, la capitale. Leur commerce a pris un tel envol qu’entretemps ils ont pu recruter un troisième homme qui est responsable de la vente, Bosco et Reverien s’occupent maintenant essentiellement des achats et de la fabrication. Ils m’ont dit, à l’occasion de ma visite, qu’ils gagnaient chaque jour à peu près l’équivalent de 2,90 euros ce qui est suffisant pour épargner un peu et pour payer la chambre.

Un début prometteur, qui, espérons le, montrera aux deux garçons qu’ils peuvent voler de leurs propres ailes.

David est un jeune homme costaud, ses bras musclés témoignent de son entrainement pendant des années dans le groupe des batteurs de tambour du foyer pour enfants des rues.

David est un jeune homme costaud, ses bras musclés témoignent de son entrainement pendant des années dans le groupe des batteurs de tambour du foyer pour enfants des rues. En le voyant on le prendrait plutôt pour un footballeur qu’au lieu d’un coiffeur. Mais il est justement coiffeur. Il a utilisé l’argent, reçu pour sa réintégration pour aménager une petite boutique de coiffure. Il avait reçu sa formation de coiffeur au cours d’un projet de formation professionnelle, mise en place par la Fondation il y a déjà quelques années. Il avait enfin la possibilité de tester ses capacités. Ensemble avec un ami il coiffe maintenant des hommes pour 15-18 cts la coupe. Rasoirs et produits de beauté sont naturellement indispensable. Très appréciés sont aussi les posters de stars comme Jackie Chan et Britney Spears et une radio pour créer de l’ambiance. David et son ami gagnent jusqu’à 1,80 euros par jour ce qui permet à David d’aider également son oncle chez lequel il a loué une chambre.

Les perspectives

Etant une installation importante, nous allons continuer à faire fonctionner le foyer pour les enfants des rues, car il y aura toujours des enfants des rues à Bujumbura (et d’autres villes à l’intérieur) aussi longtemps qu’il y aura de la pauvreté au Burundi. On devrait même réfléchir à renforcer les activités et peut être même acquérir un terrain pour y construire un propre foyer.